Ce qui se passe dans le corps et le cerveau au moment du choc
Qu'est-ce qu'un événement traumatique ?
Un événement traumatique, c'est une situation au cours de laquelle une personne se retrouve confrontée à une menace réelle ou perçue : pour sa vie, son intégrité physique, sa sexualité ou son équilibre psychologique. Cela peut être vécu directement, ou en étant témoin de ce qui arrive à quelqu'un d'autre.
Il n'existe pas de liste fermée d'événements "officiellement traumatisants". Ce qui compte, c'est le vécu subjectif de la personne au moment des faits. Deux personnes exposées à la même situation pourront en ressortir très différemment — et c'est tout à fait normal.
Ce que vit le corps dans l'instant
Au moment du choc, l'organisme réagit de façon automatique et immédiate. C'est une réponse de survie, inscrite profondément dans notre biologie. On peut observer :
- Une accélération du rythme cardiaque et de la respiration
- Des tremblements, une tension musculaire intense
- Une montée de cortisol, l'hormone de l’état de vigilance
- Des pensées envahissantes : "Je vais mourir", "Ma vie est détruite", "Je suis en train de perdre la raison"
Ces réactions ne sont pas des signes de faiblesse.
Elles signifient que le corps fait exactement ce qu'il est programmé pour faire : survivre.
Trois zones du cerveau au coeur de la réponse traumatique
Concrètement : quand l'amygdale s'emballe face au danger, elle prend le contrôle et "coupe le son" au cortex préfrontal.
C'est pourquoi les personnes peuvent agir, fuir, se figer, sans réfléchir, sans choisir.
Ce n'est pas un manque de volonté, c'est la mécanique neurobiologique de la survie.
La dissociation : quand la réalité semble s'effacer
Parfois, face à une menace trop intense, le cerveau déclenche un mécanisme de protection encore plus radical : la dissociation.
La personne peut avoir l'impression de regarder la scène de l'extérieur, comme spectatrice de sa propre vie.
Le temps semble ralenti ou accéléré. Les bruits paraissent lointains. Le corps semble ne plus appartenir à soi.
Ces expériences de "décrochage" de la réalité sont déconcertantes, mais elles ont une fonction : réduire l'intensité de la souffrance dans un moment qui dépasse les capacités d'adaptation.
Dans certaines situations, notamment des violences répétées, certaines personnes rapportent n'avoir rien ressenti sur le moment.
Ce n'est pas de l’indifférence, c'est de la protection.
Est-ce qu'un traumatisme mène forcément à un TSPT ?
Non, et c'est important à savoir.
75 % des personnes vivront au moins un événement potentiellement traumatisant au cours de leur vie. Parmi elles, moins de 6 % développeront un Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT). Le facteur le plus protecteur identifié par la recherche ? Le soutien social — le fait de ne pas rester seul avec ce qu'on a vécu.
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Sources
Andrews et al., 2003 - Schincarioli et al., 2024 - Gorman et al., 2016



