Qu’est-ce que l’EMDR et comment cette thérapie peut vous libérer des souvenirs douloureux ?
L'EMDR en bref :
L’EMDR est une thérapie brève reconnue par l’OMS.
Grâce à des stimulations alternées (visuelles ou tactiles), elle aide le cerveau à « digérer » les traumatismes, les phobies ou les deuils compliqués pour leur ôter leur charge douloureuse et vous permettre de retrouver votre sérénité.
C'est quoi, l'EMDR ?
Movement Desensitization and Reprocessing*
*en français « Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires »
Derrière ce nom anglais un peu technique se cache une thérapie qui a transformé la prise en charge du traumatisme psychologique.
Validée par l'OMS et plébiscitée par les plus grandes sociétés savantes mondiales, l'EMDR aide des millions de personnes à se libérer du poids des souvenirs douloureux.
Voici tout ce qu'il faut savoir pour comprendre cette approche.
L'histoire de l'EMDR
Née à la fin des années 1980 sous l'impulsion de la psychologue américaine Francine Shapiro, l'EMDR est une psychothérapie initialement conçue pour aider les personnes souffrant du Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT).
Son point de départ est que certains événements vécus comme traumatisants ne sont pas correctement « assimilés » par le cerveau. Au lieu d'être intégrés dans la mémoire autobiographique comme de simples souvenirs du passé, ils y restent figés, chargés de leur intensité émotionnelle d'origine. C'est pourquoi ils surgissent sous forme de flashbacks, de cauchemars ou de réactions physiques envahissantes, parfois des années après l'événement.Pour y remédier, l'EMDR s'appuie sur deux leviers combinés : la focalisation active sur le souvenir problématique (images mentales, émotions, croyances et sensations corporelles associées) et une stimulation bilatérale alternée, le plus souvent des mouvements oculaires guidés par le thérapeute, mais aussi des tapotements ou des sons alternés gauche-droite.
« L'EMDR est fondée sur l'idée que le cerveau possède une capacité naturelle d'auto-guérison psychologique, analogue à la cicatrisation physique. La stimulation bilatérale vient simplement débloquer ce processus là où il s'était arrêté. »
Francine Shapiro, fondatrice de l’EMDR
En cabinet, je constate souvent que les patients ressentent un soulagement physique immédiat dès que le cerveau commence à archiver le souvenir.
Comment ça fonctionne ?
Imaginez un souvenir ordinaire : la semaine dernière, vous avez renversé votre café.
Vous vous en souvenez, peut-être même en souriant, mais il ne vous provoque aucune détresse. Votre cerveau l'a "rangé" correctement daté, contextualisé, classé dans le passé.
Avec un souvenir traumatisant, ce rangement n'a pas eu lieu.
Sous l'effet du choc, le cerveau peut se retrouver complètement débordé. Le souvenir reste alors coincé, figé, chargé de toute l'intensité émotionnelle du moment : les images, les odeurs, les sensations du corps, et souvent des convictions douloureuses sur soi-même "Je suis en danger", "Je n'aurais pas dû", "Je ne m'en sortirai pas". Ce souvenir n'est pas rangé dans le passé.
Il reste là, brut, comme si la scène venait de se produire à l'instant.
C'est précisément là que l'EMDR intervient.
En accompagnant la personne vers ce souvenir douloureux tout en stimulant doucement les deux côtés du cerveau par des mouvements des yeux ou de légers tapotements, la thérapie relance le processus naturel que le cerveau n'avait pas pu accomplir seul.
Le souvenir peut enfin se remettre "en mouvement", être traversé, apprivoisé, puis intégré. Il ne disparaît pas : il perd simplement son emprise.
Un peu comme durant le sommeil, notre cerveau travaille chaque nuit à "digérer" les émotions de la journée, c’est le rôle du sommeil paradoxal et des rêves.
Pour les mémoires traumatiques, ce travail de nuit ne suffit pas, ou n'a pas pu se faire.
L'EMDR crée, en séance et en sécurité, les conditions pour que cette « digestion » ait enfin lieu.
L'EMDR, pour quelles problématiques ?
Si l'EMDR a été initialement développée pour traiter le TSPT, son champ d'application s'est considérablement élargi au fil des recherches et de la pratique clinique.
Elle est aujourd'hui utilisée pour accompagner un large spectre de difficultés.
Stress post-traumatique (TSPT)
Accidents, agressions, catastrophes naturelles, violences, attentats… L'EMDR est le traitement de référence.
Phobies & anxiété
Phobies spécifiques, troubles anxieux généralisés, attaques de panique.
Dépression
Notamment lorsqu'elle est liée à des événements de vie difficiles ou à des traumatismes d’enfance.
Deuil compliqué
Perte d'un proche dans des circonstances traumatisantes, deuil périnatal.
Douleurs chroniques
Fibromyalgie, douleurs persistantes dont les composantes émotionnelles sont significatives.
Comment se passe une thérapie EMDR ?
Une thérapie EMDR se déroule généralement sur 8 à 12 séances d'une heure à une heure et demie chacune, parfois davantage, selon l'histoire de la personne.
Chaque séance suit un fil conducteur naturel, qui s'articule autour de trois grands temps.
Premier temps : La rencontre et la mise en sécurité
Avant tout travail sur le traumatisme, thérapeute et patient prennent le temps de se rencontrer vraiment. Ces premières séances ne sont pas du temps perdu : elles sont le fondement de tout ce qui suivra.
Le thérapeute cherche à comprendre l'histoire de vie dans sa globalité non pas pour juger, mais pour saisir ce qui a été vécu et ce qui mérite d'être accompagné. Ensemble, ils identifient les événements sur lesquels le travail pourra porter.
C'est aussi durant cette phase que la personne apprend à se stabiliser émotionnellement.
Des outils simples sont transmis, comme l'exercice du "lieu sûr", qui consiste à construire mentalement un endroit où l'on se sent pleinement en sécurité, et la respiration en cohérence cardiaque.
Ces ressources ne sont pas des gadgets : elles permettent de traverser les moments difficiles entre les séances, et de revenir à soi quand une vague émotionnelle devient trop intense.
Deuxième temps : Le cœur du processus
Vient ensuite le moment central de la thérapie.
Un souvenir précis est choisi comme point de départ, celui qui provoque encore aujourd'hui le plus de détresse.
Le thérapeute guide la personne pour explorer dans ce souvenir la « pire » représentation sensorielle qui y est associée, les émotions ressenties dans le corps, et surtout la croyance négative sur soi que ce souvenir a installée : "Je suis coupable", "Je ne mérite pas d'être aidé", "Je suis impuissant".
Ce que la personne aimerait penser de positif d’elle-même à la place est aussi exploré.
Alors commence le travail de désensibilisation. La personne maintient le souvenir à l'esprit tandis que le thérapeute effectue des séries de stimulations bilatérales ( mouvements des yeux, tapotements doux ou sons alternés). Après chaque série, elle exprime librement ce qui émerge : une image, une pensée, une sensation dans le corps, une émotion. Sans filtre, sans jugement.
Ce va-et-vient se répète, séquence après séquence, jusqu'à ce que le souvenir perde de son emprise. Progressivement, la détresse diminue.
Et dans cet espace libéré, une nouvelle croyance plus juste peut s'ancrer : "J'ai fait ce que je pouvais", "Je suis en sécurité maintenant" renforcée à son tour par de nouvelles séries de stimulation.
Troisième temps : Le retour au calme et l'intégration
Avant de clore chaque séance, le thérapeute invite la personne à une dernière exploration : un balayage intérieur du corps, de la tête aux pieds.
L'objectif est de repérer d'éventuelles traces physiques résiduelles, une tension dans les épaules, un nœud dans la gorge, une oppression dans la poitrine. Si quelque chose persiste, le travail se poursuit doucement.
La séance se termine toujours par un retour à un état de calme. La personne ne repart jamais en plein milieu d'une vague émotionnelle.
La séance suivante commence systématiquement par un temps de réévaluation : qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui a émergé entre les deux rendez-vous ?
Car le cerveau, lui, ne s'arrête pas de travailler entre les séances.
Des associations nouvelles, des images, des souvenirs oubliés peuvent surgir dans les jours qui suivent, c’est le signe que le processus est en marche.
Tenir un carnet pour noter ce qui émerge entre les séances peut être précieux – non pas comme un devoir, mais comme un espace pour ne rien laisser s'échapper.
Vous traversez une période difficile ou souhaitez explorer l'EMDR comme option thérapeutique ?
N'hésitez pas à prendre contact pour échanger sur votre situation.
La première consultation est l'occasion de répondre à toutes vos questions.



