Comprendre les flashbacks et les cauchemars : quand le passé envahit le présent
Qu'est-ce qu'une reviviscence ?
Une reviviscence, c'est le retour brutal et involontaire d'un souvenir traumatique, non pas comme un simple rappel de mémoire, mais comme une ré-expérience sensorielle et émotionnelle de l'événement.
La personne ne se souvient pas du trauma : elle le revit, dans son corps, comme s'il se produisait à nouveau.
Ce phénomène est l'un des symptômes les plus caractéristiques du Trouble de Stress Post-Traumatique.
Il survient sans prévenir et sans invitation…
Les formes que peuvent prendre les reviviscences
Les reviviscences ne se ressemblent pas toutes.
Elles varient en intensité, en sensorialité et en forme :
Certaines personnes vivent des reviviscences essentiellement la nuit, sous forme de cauchemars. D'autres les ressentent en pleine journée, sous forme de flashbacks, des surgissements visuels, sonores ou corporels qui envahissent la conscience.
Pourquoi le cerveau fait-il cela ?
Lors d'un événement traumatique, la mémoire n'est pas enregistrée de façon ordonnée.
Elle reste fragmentée, hors du temps, sans la date ni le contexte qui permettent normalement à un souvenir de se ranger dans le passé.
Elle demeure chargée de la sensation de danger immédiat.
C'est le conditionnement qui est en jeu.
Le cerveau associe, sans que la personne le décide, certains éléments présents lors du trauma (une odeur, une couleur, une voix, un bruit) à l'état d'alerte ressenti ce jour-là.
Plus tard, quand ces éléments réapparaissent dans la vie quotidienne, le cerveau déclenche automatiquement la même alarme, comme si le danger était de retour.
Les déclencheurs : souvent invisibles, toujours involontaires
Les déclencheurs peuvent être évidents comme repasser devant un lieu associé à l’événement, ou totalement insaisissables. Un mot entendu par hasard, une sensation de texture, une qualité de lumière particulière, la prononciation d'un prénom...
C'est pourquoi les personnes qui vivent des reviviscences se sentent souvent impuissantes et désorientées : elles ne comprennent pas toujours ce qui a "déclenché" la vague.
Comment les reviviscences se maintiennent dans le temps
Paradoxalement, c'est souvent en cherchant à fuir les reviviscences qu'on leur donne le plus de force.
L’évitement, c’est à dire ne plus parler du trauma, éviter les lieux, les personnes ou les situations qui pourraient rappeler l'événement, se noyer dans les écrans, s'isoler soulage à court terme. Mais à long terme, il empêche le cerveau de faire le travail de traitement et d'intégration émotionnelle dont il a besoin pour refermer le dossier.
Les reviviscences ne sont pas un signe que le cerveau est "cassé".
Elles sont la preuve qu'il essaie encore, à sa façon, de digérer quelque chose qu'il n'a pas pu traiter sur le moment.
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Sources
Resick et al., 2017



